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Aoun : La majorité élue en 2009 n’est pas légitime

29-04-2016

O.L.J.

C'est un constat bien pessimiste qu'a établi le député Michel Aoun, fondateur du Courant patriotique libre (CPL) hier, lors d'un entretien télévisé, à l'occasion du onzième anniversaire du retrait syrien.

Il a rappelé avoir déclaré, lors de conférences antérieures au retrait, qu'il craignait « la perte de l'indépendance après le retrait syrien, parce qu'il est beaucoup plus difficile de préserver un acquis que de l'obtenir ». « Malheureusement, c'est exactement ce qui s'est passé, a-t-il ajouté. Depuis que la tutelle syrienne a pris fin, nous recherchons des tutelles à l'est comme à l'ouest, qui nous permettraient d'élire un président de la République. »

De manière générale, le chef du bloc du Changement et de la Réforme a déploré que la classe politique qui a soutenu les Syriens de bout en bout soit toujours au pouvoir. « Les lois électorales que cette classe politique a votées avaient pour objectif d'empêcher le peuple libanais d'assurer l'alternance au pouvoir, a-t-il estimé. Le reste des lois était taillé à sa mesure, et elle a maintenu la mainmise sur la majorité. » Il a affirmé que « la légalité n'est pas respectée », et que « la majorité élue en 2009 veut maintenir son contrôle sur l'élection présidentielle, bien qu'elle ne soit pas légitime ».

Et d'ajouter : « Je ne crois pas que nous ayons gagné notre indépendance. Ceux qui ont gouverné avant la libération de la tutelle sont les mêmes qui ont fait la guerre. Voilà pourquoi nous constatons que la tutelle a changé de main, mais qu'elle est toujours présente. L'espoir persiste que se réalise un jour l'indépendance dont nous avions rêvé et pour laquelle nous avions milité durant notre jeunesse. »

Sur la corruption, le général Aoun a rappelé que « ces affaires sont soulevées depuis longtemps », estimant qu'« il y a un consensus sur l'existence de la corruption, mais les responsables ne sont jamais nommés ». « Tout le monde prétend vouloir combattre la corruption, mais personne ne l'a encore fait », a-t-il ajouté. Il a noté cependant que « des tentatives de percée dans ces dossiers ont eu lieu récemment, mais si on doit les poursuivre jusqu'au bout, il se peut que personne n'en sorte indemne ».


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