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Aoun et Berry : Tout les sépare !

01-04-2016

Joëlle Seif - Hebdo Magazine

Entre Nabih Berry et Michel Aoun, rien ne va plus. Même le Hezbollah, qui joue généralement le médiateur entre les deux hommes, a renoncé à les rapprocher, préférant s’en remettre à Dieu. Les vexations et les accusations entre les deux camps sont devenues monnaie courante. Au point que l’on parle de plus en plus de renversement dans les alliances traditionnelles…

Il a fallu la chaîne de télévision NBN, qui appartient au président de la Chambre Nabih Berry, pour que les Libanais (ou du moins ceux qui regardent cette chaîne) se souviennent de l’existence de l’ancien vice-Premier ministre et adjoint du général Michel Aoun, Issam Abou Jamra, qui a été l’invité du talk-show de la matinée. Abou Jamra n’est pas ce tribun qui fait faire à la télévision des pics d’audience, ni cet analyste détenant des informations percutantes. Non, le seul objectif de l’inviter au talk-show, c’est simplement de le laisser critiquer son ancien allié et partenaire Aoun. D’autres invités de la chaîne ont été choisis suivant le même principe, celle-ci ne cachant plus sa décision de mener une guerre ouverte contre le chef du Bloc du Changement et de la Réforme et, surtout, contre le ministre des Affaires étrangères et actuel président du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil. De son côté, le CPL et sa chaîne, la OTV, ne sont pas non plus tendres avec Berry, notamment avec l’actuel ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, qui est son bras droit politique. Ce dernier prend un malin plaisir à bloquer le financement de tous les projets initiés par Bassil ou l’intéressant, même si les citoyens libanais en font les frais. C’est ainsi que l’Etat libanais est contraint de verser des sommes énormes à des sociétés étrangères pour des contrats non respectés en raison de la rivalité entre Bassil et Khalil. C’est le cas, plus particulièrement, avec une société grecque qui devait construire une centrale électrique à Deir Amar. Le contrat avait été signé du temps où Bassil était ministre de l’Energie, mais les fonds n’ont pas été débloqués et ils continuent à ne pas l’être. Au point que la société grecque a eu recours au Conseil d’Etat qui lui a donné raison. En vain. Finalement, la société grecque a exigé un arbitrage international qui a contraint l’Etat libanais à lui verser des indemnités d’un montant assez élevé.

Guerre d’usure

Ce n’est là que l’un des multiples exemples des retombées négatives sur le Liban et sur les Libanais de la guerre d’usure que se livrent les partisans de Berry et ceux de Aoun. Les aounistes ne se privent pas de critiquer le président de la Chambre et ses partisans, les considérant partenaires privilégiés du chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, et du président du Bloc du Futur, Fouad Siniora, dans la destruction systématique des institutions publiques. Ils sont d’autant plus féroces qu’ils sentent de plus en plus comme une sorte de coalition contre eux et contre le moindre de leurs projets. Ils ne cherchent plus à préserver même un semblant d’alliance avec le mouvement Amal et son chef, même si cela met en difficulté leur allié principal, le Hezbollah. Au point que les partisans des deux camps affirment que les liens sont désormais coupés et que les ponts entre eux peuvent être difficilement rétablis.

L’évolution négative de la relation entre Michel Aoun et Nabih Berry montre qu’il y a bien plus entre eux qu’un simple manque d’atomes crochus. C’est vrai qu’au départ, rien ne rassemble le militaire un peu rigide et carré qu’est Michel Aoun et l’ancien chef de milice et homme de compromis par excellence qu’est Nabih Berry. Mais ce handicap de départ aurait pu être surmonté avec de la bonne volonté s’il n’y avait pas aussi les proches des deux hommes qui ne font qu’approfondir le fossé, ainsi que des intérêts contradictoires.

L’homme le plus proche du général Aoun, Gebran Bassil, et le principal conseiller de Nabih Berry, Ali Hassan Khalil, n’éprouvent aucune sympathie l’un pour l’autre. Tous les projets de l’un sont mal perçus par l’autre et vice versa. La solution aurait pu être dans le fait de confier la gestion de la relation entre le président de la Chambre et le chef du Bloc du Changement et de la Réforme à d’autres personnes plus susceptibles de s’entendre. Mais cela n’aurait qu’atténué le conflit sans l’éliminer.

La réalité est que Aoun et Berry considèrent qu’ils sont dans des projets totalement opposés. Le bouillant général ne cache pas le fait qu’il est étranger au système en place au Liban depuis plusieurs décennies et il déclare, haut et clair, que l’un de ses principaux objectifs est d’ébranler ce système à défaut de pouvoir le détruire.

En tant qu’officier de l’armée qui, au hasard des missions militaires qui lui étaient confiées, Aoun n’a pas le réflexe confessionnel. Mais depuis l’exode forcé subi par les chrétiens d’Orient, en Irak et en Syrie, il a commencé à parler des droits des chrétiens. Dans son optique, il s’agit de redonner à ces derniers leurs droits en tant que partenaires réels à égalité avec les autres composantes confessionnelles du pays. Aoun estime, en outre, que le principal fléau qui frappe actuellement le Liban et ses institutions, c’est la corruption qui a atteint des degrés inacceptables et qui, en réalité, se nourrit du système confessionnel.

La conception de Berry est totalement différente. Tout en prônant l’abolition du confessionnalisme politique prévue dans l’accord de Taëf, le chef du mouvement Amal est issu du système confessionnel et il a réussi à se tailler une place importante dans le paysage politique libanais grâce à lui. Il est devenu, au fil des années et grâce à sa propre intelligence et à sa capacité à concevoir des compromis improbables, tout en se posant en interlocuteur incontournable, un des piliers du système qui tient les commandes du Liban depuis des années.

Il était le fils préféré du tuteur syrien et il a participé à l’élaboration de l’accord tripartite en 1985, aux côtés des deux autres grandes milices de l’époque, les Forces libanaises dirigées par Elie Hobeika et le PSP de Walid Joumblatt. Berry est ensuite devenu un des trois piliers de la «Troïka» qui a pris les commandes du pays après l’adoption de l’accord de Taëf, avec le président Elias Hraoui et le Premier ministre Rafic Hariri et, plus discrètement, Walid Joumblatt.

Il a continué à se poser en interlocuteur incontournable après le départ des troupes syriennes en 2005, en profitant des problèmes de communication du Hezbollah et de ses relations conflictuelles avec les Etats-Unis. Classé organisation terroriste en raison de sa lutte contre Israël, le Hezbollah ne peut pas établir des relations normales avec les parties internationales et, en même temps, il ne veut pas s’enliser dans les sables mouvants internes. C’est pourquoi, il préfère laisser la place libre au président de la Chambre, Nabih Berry, qui est devenu le passage obligé des représentants de la communauté internationale pour faire passer des messages au Hezbollah.

Il s’est aussi imposé sur la scène interne comme le visage politique du Hezbollah, au point d’être devenu indispensable à ce parti, pourtant l’allié du général Aoun. C’est pourquoi, tout en voulant ménager le général Aoun, le Hezbollah ne peut pas lâcher le président de la Chambre. Et la situation est devenue tellement compliquée qu’il ne peut même plus rétablir les ponts entre ses deux alliés. En tout cas pour l’instant. Toutefois, à Amal et au CPL, nombreux sont ceux qui croient que le moment venu, le Hezbollah fera le nécessaire…

Chamel Roukoz ou le fil ténu entre Aoun et Berry

En dépit du conflit aigu entre lui et Michel Aoun, que plus personne ne parvient à cacher, Nabih Berry tient à montrer qu’il entretient d’excellentes relations avec le général Chamel Roukoz. Ce dernier a été reçu à Aïn el-Tiné, tout comme sa présence a été remarquée au dîner donné par l’association présidée par l’épouse de Abdallah Nabih Berry en hommage au général Abbas Ibrahim. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un fil ténu pour que les ponts entre Aoun et Berry ne soient pas totalement coupés. Mais la relation entre Berry et Roukoz est appelée à se développer et pourrait constituer une issue à l’impasse actuelle dans laquelle se trouvent le président de la Chambre et le chef du Bloc du Changement et de la Réforme.

Lebanon busts largest sex slavery ring, frees 75 women

01-04-2016

The daily Star

Internal Security Forces announced Thursday that police had freed 75 women held against their will and forced into sexual slavery, breaking up what the ISF described as Lebanon’s most dangerous human trafficking organization.

Although the nationalities of the victims were not given, reports indicate most are of Syrian origin. A source told The Daily Star that at least two minors were among the freed women. The source described a litany of grotesque abuse the women were subjected to, saying they were beaten, tortured, and sometimes issued death threats if they refused to engage in sex-acts with customers.

The traffickers would allegedly threaten to release naked pictures of the victims online to force them into engaging in prostitution.

After the rescue, the ISF sent them to NGOs specialized in women’s rights and human trafficking.

“Some of the victims were released to us, while others were released to Caritas,” Ghada Jabbour KAFA Violence and Exploitation Co-Founder and the head of the Exploitation and Trafficking in Women Unit told The Daily Star. “We are bound by confidentiality and will only release details once we have made a thorough assessment of the cases.”

Jabbour suspects that the staggering number of victims suggests a sophisticated criminal network is behind the crime. “As of now, it remains blurry,” she added. Caritas is a charitable organization founded in 1972 undertaking a range of humanitarian missions across Lebanon.

The rescue operation entailed two police raids on the network’s bases of operations. The first took place Sunday, while the second took place Tuesday. The raids targeted a number of apartments and nightclubs in Jounieh, north of Beirut.

Jounieh’s Maameltein district is notorious, being widely regarded as Lebanon’s “red light” district.

The ISF released a statement with details of the arrested perpetrators. They are seven female guards who kept watch over the victims and were complicit in their torture, two pimps, and four customers. Ten other men were arrested, two remain at large.

An ISF source said that the victims were subject to heinous forms of torture. “They were abused both physically and mentally and it was on a systemic basis,” he said. “None of the victims were ever paid and they constantly feared for their lives ... it is a true tragedy.” The ISF source stressed that no political protection could be granted to the culprits. “We arrested the big-boss and no one will evade the reach of the law,” he said. A security source confirmed this, claiming that ISF head Maj. Gen. Ibrahim Basbous had issued strict orders to pursue the issue to its end.

Local media reported that the women were denied medical treatment from hospitals; instead, a “trusted doctor” looked after them.

The security source revealed that the gang employed a doctor who runs a clinic in Dikwaneh, an eastern suburb of Beirut. “He would perform unsanitary abortions, leading them to develop a host of maladies ... sometimes it was against their will,” the source said. “Security services are raiding his house and if they don’t find him they are going to search the country for him and arrest him wherever he may be,” he added.

The source also said that the doctor, whose identity remains confidential, would buy supplies from a select group of pharmacies. “Since these pharmacies know that what he is buying is used for abortions, why didn’t they sound the alarm?” he said. “Although it is unconfirmed, we suspect they are accomplices because of the volume of drugs he purchased from them.”

Abortion is illegal in Lebanon, yet remains a widespread practice.

He also explained that the names of the two suspects who absconded have been passed to General Security. “They are currently checking if they fled the country and are checking with all border agencies whether it is by land, air, or sea border posts,” he said.

The source added that the investigation is ongoing to ascertain how the women came to be held by the group. “It is obvious that they were forced into it,” he said. “But where, how and by whom, remains unknown.”

The Syrian crisis has driven a number of destitute women into prostitution. Lebanon has taken steps to curtail human trafficking and forced prostitution. However, the latest ISF raids uncovered the worst case of torture, sex slavery, and human trafficking to date.


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