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Le rôle de l’ambassade américaine dans le réseau d’internet illégal au Liban

21-03-2016

As Safir

L’ambassade américaine à Beyrouth « est intervenue auprès des autorités libanaises réclamant le déblocage de certains équipements saisis dans le cadre de l’affaire du réseau d’internet illégal » récemment démantelé à Beyrouth !

C’est le journal libanais Assafir, citant une source éminente, qui a fait cette révélation, parmi d’autres révélations non moins dangereuses, à l’ombre du démantèlement du plus grand réseau d’internet illégal au Liban il y a quelques semaines.

Selon la société de télécommunications OGERO qui a supervisé le démantèlement du réseau illégal, « les équipements saisis sont les mêmes qui ont été confisqués en 2009 du réseau d’espionnage israélien sur les télécommunications installé au Mont Barouk. Ils renferment des composants électroniques fabriqués par la société israélienne Ceragon » !

Sachant que ces composants ont servi de preuves tangibles au tribunal militaire pour incriminer en 2011 les personnes impliquées dans la mise en place de la station de Barouk et l’utilisation d’équipements israéliens pour recevoir le service d’internet à partir d’une compagnie à Haïfa, dans les territoires palestiniens occupés.

En effet, et toujours selon le journal Assafir, ces équipements ont été débloqués à la suite d’une demande adressée par une compagnie X au procureur financier le juge Ali Ibrahim, réclamant la restitution de ces derniers.

Ladite compagnie a justifié sa demande par son intention de régler le problème avec le ministère des communications, et le juge Ibrahim a posé comme condition « de ne pas réutiliser ces équipements d’ici la conclusion de l’enquête ».

Finalement, les parties concernées ont pris la décision de se débarrasser de grands équipements pour ne pas assumer le fardeau de leur stockage dans les dépôts du parquet général financier et ceux d’OGERO.

Suite aux mesures prises par le juge Ibrahim, les équipements ont été restitués le 8 mars à leurs propriétaires.

Interviewé par Assafir, le juge Ibrahim relate les propos du président d’OGERO Abdel Menhem Youssef. Celui-ci lui a expliqué qu’ « aucun arrangement ne peut être conclu au sujet des contrevenants dans cette affaire, puisque les passages des communications relèvent de la seule compétence de l’Etat. Cette contravention est un crime contre l’utilité publique, l’argent public, la sécurité et la souveraineté ».

Suite à ce mémorandum datant du 11 mars, Ibrahim a ordonné le jour-même de récupérer à nouveau le matériel restitué. Mais à ce jour, OGERO n’a pas examiné le matériel pour s’assurer si les équipements ont été manipulés, par exemple si les numéros de série ont été effacés, ou que certains équipements n’ont pas été livrés..

De retour au réseau d’internet illégal, OGERO a tenté de justifier son échec à dévoiler cette affaire précocement, pourtant il opère depuis des années dans le pays. « Cet échec est dû à l’absence de capacités techniques censées détecter les fréquences circulant entre Chypre et les sommets de montagnes libanaises », avance la direction d’OGERO.

Mais un ingénieur technicien dans une institution publique confirme à Assafir que l’Etat libanais possède des détecteurs de fréquences (spectrum detectors) qui peuvent être placés sur des voitures chargées de circuler entre les régions pour capter les fréquences en l’air, pour ensuite les comparer aux fréquences enregistrées dans les datas du ministère des télécommunications.

Loin du volet technique, une source éminente informée du dossier politique, sécuritaire, et économique, prévoit que les enquêtes en cours dévoileront de nouvelles parties impliquées.

Les responsables dudit réseau ont continué leur action illégale jusqu’au 8 mars dernier, lorsque le chef de la commission des communications parlementaire le député Hassan Fadlallah est intervenu en direct à la télévision pour dénoncer au grand jour l’affaire de l’internet illégal, promettant de suivre l’affaire jusqu’au bout.


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