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Kanaan : Les « anges gardiens » de Sukleen sont au gouvernement

18-03-2016

O.L.J.

À l'issue d'une nouvelle réunion hier de la commission parlementaire des Finances consacrée à l'épineux dossier des déchets, le président de la commission, Ibrahim Kanaan, réservait au public de nouvelles révélations.

Évoquant les nombreuses circulaires envoyées par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), ainsi que d'autres organismes, au Conseil des ministres, sur les irrégularités du contrat avec Sukleen, sans qu'aucune décision ne soit prise, le député a conclu que « les » anges gardiens « de l'entrepreneur sont bien présents dans le gouvernement ».

« Nous ne pouvons plus jouer le rôle de faux témoins comme d'autres l'ont fait avant nous, quand l'Inspection centrale envoyait des rapports dont personne ne se souciait et quand le Parlement était ignoré. Nous devons raviver le contrôle sur les actions gouvernementales », a-t-il dit.

Le député s'est principalement référé à des documents datant de 1999, dans lesquels le CDR informait le ministre de l'Intérieur de l'époque du fait que la Cour des comptes avait indiqué, dans un rapport datant du 30 mars 1999, que les contrats avec les compagnies sont « dépassés et considérés comme nuls ». Or ces contrats continuent d'être opérationnels jusqu'à ce jour, s'insurge M. Kanaan. Il révèle que le gouvernement d'alors (présidé par Salim Hoss) avait transféré l'affaire devant le Conseil d'État pour obtenir un avis favorable qui lui permette de continuer à traiter avec ces mêmes compagnies sur base des mêmes contrats.

M. Kanaan a lu un autre message du CDR qui parle de l'impossibilité de trouver des terrains pour créer de nouveaux centres de tri et de compostage, ce qui a été à l'origine de l'augmentation du volume de déchets non triés et d'ordures organiques qui se sont retrouvées dans la décharge de Naamé, une augmentation estimée à 36 % par an. Rappelons qu'à sa création, cette décharge devait recevoir les déchets inertes seulement, c'est-à-dire ni recyclables ni organiques.

Mais le plus grave, ce sont les dettes accumulées des municipalités dues à Sukleen et Sukomi, des impayés devant être prélevés dans la Caisse autonome des municipalités, et qui s'élèveraient à... 2 700 milliards de livres ! « Je dis que les municipalités n'ont pas la possibilité de s'acquitter de ces dettes », a-t-il lancé.


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