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Démantèlement en cours d’un réseau d’internet lié à Israël...au Liban

18-03-2016

Assafir

Le membre du bloc parlementaire de la résistance, le député Hassan Fadlallah, a déclaré jeudi que le Parlement libanais va prendre en charge le dossier des réseaux internet illégaux découvert récemment au Liban.

S'exprimant à l'issue d'une visite au chef du Parlement le président Nabih Berri, le député Fadlallah a expliqué que le pays est "face à un réseau parallèle à celui de l'Etat et est ouvert à l'espionnage israélien. Nous sommes devant un réseau plus dangereux et plus sensible de ce que l'on ne peut imaginer".

Et d'ajouter: "Le Parlement est prêt à lutter contre la corruption et à protéger la sécurité nationale. Nous allons inviter le ministère des Finances, des communications, de l'intérieur et de la défense, à la prochaine réunion de la commission des communications prévue lundi pour s'enquérir de l'ampleur des pertes financières dues à ce réseau illégal. Les services financiers et juridiques seront ainsi présents. Le conseil assumera tout son rôle de surveillance".

Nabih Berri: les pertes non seulement financières

De son côté, Berri a insisté sur l'importance de poursuivre "le scandale de l'internet illégal dont les pertes ne se limitent pas au seul volet financier (des pertes estimées à 500 millions de dollars), mais portent atteinte également à la souveraineté et à la sécurité du Liban. Ce qui complique la situation c'est que des sociétés israéliennes sont impliquées dans cette agression dangereuse contre le Liban et les Libanais", rapportent les visiteurs du chef du Parlement, selon le journal libanais assafir.

A ce sujet, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil a porté plainte contre toute personne impliquée et lié au vol d'internet, réclamant une enquête contre toute personne physique ou morale ayant participé ou contribué dans cette affaire, pour prendre les mesures nécessaires contre les contrevenants et les condamner au paiement d'amendes, de compensations et de taxes résultant de leur action".

Harb: les pertes de l'Etat évaluées à 60 millions de dollars par an

Le ministre des communications Boutros Harb a pour sa part fourni de nouvelles preuves sur la corruption qui sévit au Liban. "Les criminels ont décidé de mettre en place un ministère de communications parallèle, utilisant des appareils israéliens", a-t-il dévoilé.

Des révélations qui rappellent le réseau d'internet illégal découvert en 2009 à Barouk (Mont Liban). Toutefois, les erreurs du passé ne doivent pas être répétées, lorsque les verdicts prononcés étaient allégés et ne concernaient pas les propriétaires du réseau illégal. Cette situation a poussé ces derniers à poursuivre leurs affaires, multipliant ainsi le nombre des réseaux et des régions affectées.

Selon lui, "il s'agit de l'une des plus dangereuses agressions contre la souveraineté et les droits des citoyens. Cette agression porte atteinte à la sécurité économique et nationale du pays, et à la sécurité personnelle de chaque citoyen. Nous n'acceptons rien d'autre que l'application de la loi et les lourdes peines contre les criminels".

Harb a confirmé les informations de presse sur la capacité du réseau illégal à assurer 40 GB/seconde, soit 600 mille lignes internationales. Donc, les pertes de l'Etat sont évaluées à 60 millions de dollars par an.

Le ministre des communications a insisté sur l'aspect sécuritaire de cette transgression sioniste d'envergure: "Nous sommes face à un incident amplement dangereux, qui menace la sécurité nationale. Des compagnies israéliennes sont impliquées dans l'approvisionnement de certaines stations de contrebande". Ces stations distribuent des services internet à des sites sensibles et officiels, et dans la plupart des cas, les services sont gratuits, ce qui rend l'affaire plus alarmante.

Toutefois, Boutros Harb a confirmé que les outils de ce crime ont été saisis et que l'action se poursuit pour dénoncer les autres voies de contrebande illégale.

Les sites qui ont été découverts à ce jour sont répartis dans le jurd de Doniyeh, Najjas, Fakra, Oyoun Simane, Zaarour. Ils comprennent des antennes paraboliques, des systèmes de communication sans fil, des stations d'énergie, des convertisseurs d'énergie alternative, des générateurs électriques, des sites civils, de hautes tours de télécommunications, des récepteurs… grâce à une plainte déposée par les compagnies de distribution d'internet (ISP) le 25 janvier dernier, et dans laquelle les responsables se plaignaient de l'expansion très large dudit réseau sur le marché local libanais que l'affaire a été dévoilée.

Selon le ministre des communications, ce réseau opère depuis 7 ans au moins, et il s'est répandu dans toutes les veines de l'Etat. "Le ministère n'assume pas seul la responsabilité, mais aussi tous les services sécuritaires censés posséder les techniques nécessaires qui leur permettent de poursuivre toute infiltration", a-t-il commenté.

Harb: Nous faisons face à une attaque cybernétique violente

Et de poursuivre: "Les sites découverts constituent techniquement des passages et des voies internationales pour les communications et le transfert d'informations, liés entre eux par des stations intermédiaires sans fils qui jouent le rôle de médiateurs avec les pays étrangers".

"Ces voies laissent passer les communications internationales et le mouvement de transfert des informations internet depuis et vers le Liban, via des passages et des systèmes échappant au contrôle des autorités libanaises. Ce qui transgresse le droit d'exclusivité à l'Etat libanais aux passages et frontières libanais, et ceci expose ces communications et ces informations au danger d'être remises aux mains des ennemis", a-t-il ajouté.

Pour le ministre Boutros Harb, "celui qui consulte l'ampleur des équipements saisis, leur modernité, leurs grandes capacités techniques, leurs cartes compliquées, et les réseaux très compliqués sans fils et filaires, locaux et internationaux, tout comme les sources alternatives d'énergie mises à leur disposition, réalise que nous sommes face à des groupes puissants criminels qui œuvrent pour construire des réseaux alternatifs au réseau de l'Etat".

Et de constater: "Ce qui démontre les grandes capacités de cette organisation criminelle illimitée, au Liban et certainement ailleurs, est la vive réaction qu'elle a adoptée pour saboter notre réseau internet officiel.

En effet, depuis 26/02/2016 à ce jour, nous faisons face à une attaque cybernétique violente qui sabote chaque jour 50 GB/seconde, soit 750000 lignes internationales des 2300000 lignes disponibles et mises en service".

Harb a conclu son point de presse affirmant que "le ministère des communications ne pourra tolérer que le dossier soit clos rapidement ni qu'une couverture soit assurée à qui que ce soit".


Hassan Fadlallah: Un réseau plus dangereux de ce que l'on peut imaginer


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