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L’Arabie Saoudite et sa guerre d’éradication culturelle

25-02-2016

Médias

Le gouvernement saoudien n’éprouve aucun embarras à dépenser des centaines de millions de dollars pour rénover les propres sites archéologiques de la famille royale, tandis que des Hammams ont été construits sur le site de Sayydat Khadijah la première épouse du prophète Mohammad (P) à La Mecque.

Il est pour ainsi dire clair que le gouvernement saoudien a détruit délibérément des sites antiques islamiques de La Mecque et de Médine.. Voire depuis 1985 jusqu’ à ce jour, il a détruit plus de 90 pour cent de ces antiquités islamiques, selon un rapport du Times publié en Novembre 2014.

Son arrogance a atteint un tel degré qu’en 2014, le gouvernement saoudien a présenté une étude de soixante pages dans lequel il propose de transférer la tombe du prophète Mohammad (P) vers un autre lieu.

Mais encore, les médias saoudiens ont confirmé que l'expansion de l’enceinte de la Mosquée de Médine comprend la modification de l'emplacement de l’esplanade du Messager de Dieu (P) et ce, pour la première fois dans l'histoire islamique. Ce qui a provoqué de vives réactions et des protestations de la part des érudits religieux dans le monde musulman, forçant le défunt roi Abdallah de modifier son plan d'expansion.

Cette politique d’éradication du patrimoine culturelle islamique ou des objets personnels du Prophète Mohammad (P) est justifié –selon le royaume despotique des Saoud- par le fait que « l’institution religieuse officielle wahhabite du royaume veut empêcher que les gens adorent ces monuments islamiques indépendamment d'Allah» voire, cette dernière est allée plus loin en construisant une bibliothèque sur le lieu de naissance du prophète Mohammad (P) .

Toutefois, en suivant de prés les affaires saoudiennes, il est regrettable de constater que la politique d’éradication culturelle saoudienne exclut de toucher d’un brin de cheveux « le patrimoine culturel » de la famille royale. Ainsi, la première capitale des Saoud, avoisinante de Riyad, Diriya, est restée intacte depuis trois siècles. Des centaines de millions de dollars ont été dépensés pour sa restauration et sa rénovation. Voire, Riyad a multiplié des efforts extraordinaires afin de l’inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2010.

De plus, des expositions spéciales sont organisées sur les rois défunts de l'Arabie Saoudite, coûtant des sommes d’argent colossales, montrant leurs biens personnels notamment leurs photos, leurs voitures et même leurs vêtements : sachant que l’institution religieuse wahhabite accueille favorablement ces expositions alors que c’est elle qui a appelé à la destruction des monuments islamiques et culturelles en Arabie-saoudite.

D'autre part, le gouvernement a détruit d'autres sites historiques, ou du moins il empêche les Saoudiens de les visiter tels les villes de Saleh, dans le nord-ouest du pays, vieilles de 2500 ans, ou encore les monuments et les statues de pharaons situés dans l'extrême ouest du royaume du nord et qui n’ont jamais été exposés à l'intérieur de l’Arabie Saoudite. Par contre, ils ont été exposés en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis!

Mais cette politique de démolition de toute trace islamique historique datant du prophète Mohamad (P) ne se limite pas aux sites historiques. En effet, le gouvernement saoudien a travaillé pendant des décennies pour supprimer toutes les cultures et les traditions locales dans la péninsule arabique afin d'imposer la culture et les coutumes de la région de Nejad dont la famille des Saoud est originaire.

Ainsi le costume officiel de l’Etat est pour les hommes un carré de tissu rouge avec lequel il se coiffe (Ghutra) et une longue robe blanche, alors que pour les femmes elles se couvrent d’une abaya noire. Tel est le vêtement traditionnel des gens de Nejad. Sauf que le gouvernement saoudien l’a imposé dans son royaume durant des années, sous diverses formes, sur la majorité écrasante des gens de la région de l’Ouest, de l’Est et du sud du pays.

Les photos d'identité ou de passeports nationaux doivent être en costume du Nejad, la loi ne permet pas à celui qui ne porte pas cette tenue de pénétrer les institutions étatiques même pour un simple examen de routine!

Et si les femmes dans le sud et dans d’autres régions ne portaient pas l’abaya ou la burqa, sauf que le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (soit la police religieuse) a forcé les femmes dans ces régions de les porter sachant que toute tenue qui ne correspond à celle de la région de Nejad est fortement critiquée par les médias pro-Saoud au point de le considérer comme vil !!

Sans aucun doute, le gouvernement saoudien s’efforce depuis le début des années quatre-vingt, de marginaliser toutes les cultures et les traditions de la péninsule arabique en imposant exclusivement la culture et les coutumes de la région de Nejad, soit celle dont descend la famille régnante.

Reste le plus surprenant, comme le cite un rapport de la chaîne ABC australienne diffusé en Octobre 2014, c’est qu’au moment où des dizaines de milliers de citoyens dans les pays musulmans protestent contre l’occupation israélienne à cause de fouilles sous Al-Aqsa, pas un seul manifestant n’a protesté contre la destruction de 90 pour cent des sites du Prophète Mohammad (P).

Il n’est donc pas surprenant pour les observateurs, que Daech commettent ses actes de barbarie contre des monuments historiques et culturels datant d’il y a des siècles, vestiges du patrimoine culturel de l’humanité.. Cette politique n’est pas née aujourd’hui, la preuve : elle est l’extension de la politique d’éradication culturelle édicté par l'Arabie saoudite dans sa lutte contre le patrimoine islamique et humain.


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