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L’Arabie fait monter la pression sur le Liban

24-02-2016

Al Manar

L’Arabie saoudite a fait monter d’un cran ses pressions contre le Liban.

Pour la première fois de son histoire, elle a demandé à ses ressortissants de quitter le Liban et leur a déconseillé de s’y rendre.

"Le ministère (saoudien) des Affaires étrangères demande à tous les citoyens de ne pas se rendre au Liban pour leur sécurité. Il demande aussi à ceux qui y résident ou qui le visitent de quitter le Liban et de n'y rester qu'en cas d'absolue nécessité", a déclaré le porte-parole du ministère, cité par l'agence officielle SPA.

Il a en outre conseillé aux Saoudiens qui doivent rester au Liban d'être "prudents et de rester en contact avec l'ambassade saoudienne à Beyrouth pour une éventuelle assistance".

Cette démarche fait partie d’un panier de pressions que le royaume wahhabite exerce sur le Liban, faute de pouvoir confisquer son indépendance politique et judiciaire. Selon un Twitter saoudien, le célèbre Moujtahid, les pressions saoudiennes sont motivées par la volonté d'obtenir la libération de l’un des émirs de la famille royale des Saoud, accusé de trafic de drogue.

Cette décision intervient quatre jours après avoir interrompu ou suspendu des programmes d'équipement de 4 milliards de dollars destinés à l'armée et aux forces de sécurité libanaises.

Ce programme de trois milliards de dollars qui avait fait l'objet d'un accord en 2013 avec la France pour la fourniture d'armes et d'équipements à l'armée libanaise, n’a jamais été mis en exécution.

Seule une petite livraison de missiles de type Milan a été effectuée alors qu’une autre était prévue pour le printemps prochain.


Auparavant, Ryad avait fermé les portes des deux filiales libanaises de sa banque "Al-Ahli al-Tijari".


Les Emirats arabes unis ont suivis au pas l’Arabie, décrétant une interdiction de voyage dès mardi à leurs citoyens au Liban et en réduisant au "minimum" sa présence diplomatique à Beyrouth, selon les termes d'un communiqué officiel.


L'Arabie contre l'axe de la Résistance

Selon l’AFP, l'Arabie saoudite a expliqué avoir pris cette décision en réaction aux positions inspirées par le Hezbollah et jugées hostiles à son égard.

Ryad cite entre autre le fait que le Liban n'ait pas condamné au sein de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) les attaques le mois dernier contre ses représentations diplomatiques en Iran par des manifestants.

Ces attaques avaient suivi l'exécution le 2 janvier d'un opposant saoudien pacifiste chiite, Nimr al-Nimr, qui avait été condamné à mort pour "terrorisme" et provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Ryad et Téhéran, à l'initiative de l'Arabie saoudite.

L'Arabie saoudite est à couteaux tirés contre l’axe de la Resistance contre Israël : l'Iran, Damas et le Hezbollah. Elle est accusée par lui d’être l’un des instigateurs de la guerre en Syrie et d’œuvrer en catimini pour l’affaiblir, arguant des raisons factices, dont celle du « consensus arabe ».

Le Hezbollah et l'Iran dénoncent en outre l'intervention militaire saoudienne contre le Yémen, et plus précisément contre les révolutionnaires Houthis et une partie de l’armée yéménite fidèle à l’ancien président Ali Abdlallah Saleh

Sur la scène politique libanaise, l’Arabie est soutenue le parti du Futur, dirigé par l'ex-Premier ministre Saad Hariri, par le parti des Forces Libanaises, celui des Kataeb et d’autres forces éparses.

Selon l’AFP, les nouvelles pressions sur Beyrouth interviennent en dépit de l'affirmation par le Conseil des ministres libanais, réuni lundi en session extraordinaire, de son "attachement au consensus et son soutien aux frères arabes". Le Premier ministre Tammam Salam a annoncé à l'occasion vouloir effectuer une tournée dans le Golfe pour réparer les dégâts, une démarche qui semble compromise pour le moment.


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