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Liban: Des richissimes saoudiens sous surveillance bancaire

01-02-2016

Al-Akhbar

17 personnalités et entreprises saoudiennes font partie de la « Liste d’or » établie par les Etats-Unis pour désigner ceux qui ont contribué au financement des attentats du 11-septembre 2001.

Ce sont 6 banquiers, hommes d’affaires et des chefs d’entreprises ainsi que 11 sociétés. Selon le journal libanais al-Akhbar, une Commission d’enquête spéciale a livré leurs noms aux banques libanaises leur demandant de livrer toutes les informations qu’elles ont sur leurs comptes bancaires et leurs avoirs financiers.

En fait, la demande provient à l'origine de l’Administration américaine.

Sachant que cette Liste d’or avait été établie depuis plus de 15 ans, elle comprend la liste de noms de particuliers, qui possèdent ou dirigent des entreprises financières et banquières, et des institutions éducatives, culturelles et philanthropiques. La plupart d’entre eux sont des Saoudiens. Et tous ont contribué selon l’Administration américaine, au financement de la nébuleuse terroriste d’Al-Qaïda.

Cette liste avait été établie, selon la CIA, au terme d’une enquête sur les documents de Wadie al-Haj, le secrétaire personnel d’Oussama Ben Laden. Ils avaient été découverts à Nairobi. Les américains en avaient conclu que le financement des attentats du 11-septembre avaient été réalisé par des banquiers saoudiens importants dont, Salah al-Rajehi. Celui-ci est le directeur-adjoint de la société al-Rajehi d’investissement.

Mais c’est surtout un autre membre du clan al-Rajehi qui est stigmatisé pour financement d’Al-Qaïda, le fondateur de la société SAAR et qui n’est autre que le grand banquier Abdel Aziz al-Rajehi. Ce dernier dirigeait un empire de 26 milliards de dollars au début de ce siècle. L’une de ses sociétés, « Benevolus international » est soupçonnée de financer Al-Qaïda en Bosnie. Raison pour laquelle son nom figure sur la Liste d’Or.

Or Suleimane al-Rajehi n’a jamais été inquiété. Depuis les accusations qui l’ont visé, sa fortune s’est gonflée. Elle été évaluée à près de 6 milliards qu’il a distribués à ses enfants en 2011. Les activités de ces derniers non plus n’ont jamais été entravées. Selon des sources libanaises, ce grand Rajehi entretient toujours des liens étroits avec certaines banques libanaises et des sociétés américaines. Alors que les nouvelles directives américaines exigent que ses comptes et ceux de sa société SAAR soient dans le collimateur.


SAAR constitue un lien commun avec un autre accusé, Charif Soudki, un avocat de nationalité américaine. Secrétaire général de SAAR, il était soupçonné d’entretenir des liens suspects avec des sociétés connues pour avoir financé Al-Qaïda, dont la fondation « Al-Taqwa ». Soudki est également accusé d’être le principal pourvoyeur de fonds de la société « Mouwaffak », considérée comme la vitrine d’Al-Qaïda. Elle aussi fait partie des sociétés et entreprises possédées par Suleimane al-Rajehi.

Cette même société Mouwaffac nous mène vers un autre richissime saoudien qui doit être surveillé de près, Yassine al-Kadi. Il est connu pour être un proche de l’actuel président turc Recep Tayyip Erdogan. Il est partenaire dans plusieurs sociétés financières dont cette soi-disant société de bienfaisance. Son nom est impliqué dans le scandale de corruption qui éclabousse le fils d’Erdogan depuis 2013. Il a avoué avoir dirigé la banque accusée par les services de renseignements américains et britanniques d’avoir transféré la somme de 3 milliards de dollars à Oussama Ben Laden en personne. Inscrit sur la Liste noire de l’ONU, pour être membre d’Al-Qaïda, ses comptes bancaires et ses biens avaient été gelés par une décision du Département d’Etat américain pour le budget et l’Union européenne. Mais il a porté plainte et est parvenu à se déculpabiliser. Sans pour autant que les accusations portées contre lui ne soient ni infirmées ni confirmées.

Charif serait aussi le lien avec un autre grand banquier saoudien soupçonné de soutenir Al-Qaïda, Khaled Ben Mahfouz, et dont il défend les intérêts en tant qu’avocat. Le nom de ce dernier, connu pour être le banquier de la famille royale,figure dans des dizaines de rapports américains l’accusant de financer Al-Qaïda. Ses fils ont porté plusieurs fois plainte pour le disculper et en ont remporté certaines. L’éclatement l’affaire de son implication l’a toutefois poussé à vendre au gouvernement saoudien ses parts dans l’une des plus grandes banques saoudiennes, « AlBank al-Ahli al-Tijari al-Saoudi ». Ce qui ne l’a pas empêché de diriger ses investissements au Bahreïn et aux Emirats, voire aux Etat Unis, où il a fondé des sociétés. Charif est un partenaire dans l’une d’entre elle, al-Mourjane.

Celle-ci fait partie des sociétés dont les comptes doivent être sous surveillance au Liban, ainsi que les comptes et les avoirs de trois des fils et petits fils de Khaled Ben Mahfouz qui est décédé en 2009. Curieusement, ils ont tous la nationalité hollandaise et vivent désormais dans ce pays.

Est-ce par hasard que la sommation américaine pour les banques libanaises de surveiller les avoirs de ces richissimes saoudiens très proches de la Cour royale et des cercles du pouvoir dans d’autres pays coïncide avec celle de surveiller ceux des gens proches du Hezbollah.

La question est posée par le journal al-Akhbar. Celui-ci constate, entre autre, que toutes les sociétés de ces richissimes suspects soupçonnées d’être une vitrine pour financer Al-Qaïda et ses activités terroristes ont toutes été liquidées. Ou alors ont-ils changé de mains. Et les suspects en ont désormais de nouvelles. D’autant qu’ils ont tous jusqu'à présent échapper à la justice en Occident. Sans que cette question de financement d’Al-Qaïda ne soit réglée.


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