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Aoun : La réunion de Maarab est plus importante que la présidentielle

20-01-2016

O.L.J.

Hôte de la chaîne de son parti, la OTV, hier soir, le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, s'est longuement étendu sur les circonstances qui l'ont mené avec le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, à s'entendre autour du dossier de la présidentielle.

Il a assuré dans ce cadre que la décision de ce dernier de soutenir sa candidature, alors qu'il briguait lui-même le même poste, « n'est pas une réaction à l'initiative du chef du courant du Futur, Saad Hariri », d'appuyer l'accession du chef des Marada, Sleiman Frangié à la présidence de la République.

« Nous parlons de la question depuis à peu près un an, lorsque le rapprochement entre nous a débuté. Samir Geagea était même plus pressé que moi. Nous devions annoncer notre accord le dimanche 17 janvier, mais les élections internes du CPL nous ont contraints de repousser notre démarche de 24 heures », a expliqué Michel Aoun, avant de commenter : « La rencontre de Maarab est excessivement importante pour les chrétiens. Elle est même plus importante que la présidence de la République. J'ai senti à quel point le patriarche (maronite, Mgr Béchara) Raï en était ravi. »

Interrogé au sujet de sa relation avec le chef des Marada, le général Aoun a répondu en insistant sur le fait que Sleiman Frangié « restera comme un fils » pour lui. « Nous continuerons de l'aimer et de lui assurer une couverture là où cela s'impose », a-t-il ajouté, avant de rappeler que son dernier entretien avec lui était « calme » et que le ministre Gebran Bassil a pris contact avec lui le jour même de l'annonce de l'accord (avec les FL) pour l'en informer.

Pour ce qui est de la réaction de son autre allié, le Hezbollah, Michel Aoun l'a qualifié d'« irréprochable », mais a quand même employé le passé composé pour indiquer que le parti de Dieu le soutient. « Le Hezbollah m'a assuré de son soutien par le passé », a dit le chef du bloc du Changement et de la Réforme, ajoutant qu'il avait informé tous ses alliés des « grandes lignes » de l'accord avec les FL avant que celui-ci ne soit rendu public.

M. Aoun a indiqué n'avoir pas discuté de la présidentielle avec l'Iran et que les Français l'avaient informé que « Téhéran considère que ce dossier devrait être réglé par les Libanais ».

Quant à la position du courant du Futur qui s'est jusqu'à maintenant gardé d'approuver ou de critiquer l'accord CPL-FL au sujet de la présidentielle, le général Aoun l'a considérée comme étant normale en faisant remarquer que Saad Hariri n'a jamais soutenu publiquement la candidature de M. Frangié à la tête de l'État, bien qu'il l'ait lui-même proposée. « Il est clair que M. Hariri n'a pas encore choisi qui il soutiendra pour la présidentielle », a-t-il commenté.

Son courant envisage de prendre contact avec toutes les parties, entre autres avec le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt. « Je pense qu'il a quelque chose de positif à dire », a-t-il estimé.
Il n'en demeure pas moins qu'il a évité de répondre à la question de savoir s'il se rendra avec son bloc à la réunion électorale du 8 février, au Parlement. Devant l'insistance du journaliste, il a fini par lâcher un vague : « Nous n'avons rien décidé. Nous n'avons pas étudié la question. »

Rappelant qu'il connaît Samir Geagea depuis 41 ans, il a affirmé que sa relation avec lui « restera positive et stable ». « Si jamais un différend émerge, il ne sera sûrement pas personnel et nous nous mettrons ensemble pour en discuter, mais je m'attends à ce que nos rapports soient constructifs », a-t-il dit. L'ancien chef du CPL, qui s'est longuement étendu sur son éventuel programme électoral, a assuré que son discours d'investiture « reprendra les points énoncés dans la déclaration d'intentions », signée en juin avec les FL.

Michel Aoun a dans ce cadre réaffirmé son attachement à la proposition de loi dite orthodoxe, en vertu de laquelle chaque communauté élirait ses députés, en précisant toutefois que si celle-ci ne peut pas être votée, il souhaiterait que les législatives aient lieu sur la base de la proportionnelle, suivant un découpage électoral fondé sur 15 circonscriptions « pour que les chrétiens ne soient pas élus par les voix des musulmans ». « La proportionnelle donne à chaque partie son droit, il s'agit de la traduction effective de ce que stipule le pacte national en matière de juste représentation », a-t-il affirmé.


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