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Aoun : Que nul ne tente de nous donner le choix entre le chaos et un président fantoche...

21-09-2015

O.L.J.

Le Courant patriotique libre (CPL) a célébré hier à Sahel Alma le dixième anniversaire de la mise en place de sa charte fondatrice, en présence d'un grand nombre de cadres et de partisans, ainsi que des responsables politiques et diplomatiques et des dignitaires religieux.

La cérémonie a également fait office de passation des pouvoirs entre le député Michel Aoun et son successeur à la tête du parti, le chef de la diplomatie Gebran Bassil, élu d'office le mois dernier. Étaient notamment présents à la cérémonie le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, et le député des Forces libanaises, Fady Karam.

Premier à prendre la parole, M. Bassil a estimé que « celui qui veut parler aux chrétiens d'Orient et de protection des minorités dans cette région doit nous parler (...). Tel est le courant, qui restera plus petit que le Liban et plus grand que l'Orient », a-t-il souligné.

Il a ensuite juré de respecter de préserver la charte du CPL adoptée en 2005, avant d'en rappeler les principaux titres, s'engageant à respecter le statut interne du parti.

Il a par ailleurs adressé une série de messages, notamment à l'adresse du courant du Futur, mais sans le nommer : « Tomber en martyrs pour une société paritaire est meilleur que de mourir lentement à l'ombre du monopole. Desserrez votre emprise sur la parité, la proportionnelle et la présidence de la République. »

Promettant de continuer la lutte pour les réformes et de combattre la corruption jusqu'au bout, M. Bassil s'est adressé à ceux qui réclament le courant électrique 24 heures sur 24. « Où étiez-vous lorsque le plan pour l'électricité a été paralysé ? leur a-t-il dit. Et à ceux qui réclament l'eau, où étiez-vous lorsque les plans de barrages ont été arrêtés ? » Il a répété ce modèle de condamnation au sujet du gaspillage, du pétrole, de l'appel d'offres sur le gaz, de la dette publique, du téléphone mobile, de la loi sur la propriété foncière pour les étrangers, de la loi sur le recouvrement de la nationalité ou encore des déplacés, « plus grave crise existentielle au Liban, un point sur la base de laquelle nous sommes traités de racistes, alors que l'Europe n'endure pas 1 % de ce que nous supportons ».

M. Bassil a clôturé son discours par un vibrant hommage au général Aoun en s'adressant directement à lui : « Vous êtes le rêve que nous avons attendu, le rêve ne vieillit pas et le général Aoun ne vieillit pas. Vous resterez notre parrain et notre chef pour toujours et dans nos consciences (...). N'acceptez pas, ne renoncez pas, ne vous rendez pas. Nous vous voulons président, un président qui combatte la corruption et le terrorisme, qui protège la liberté et le territoire, qui recouvre la nationalité et qui maintienne l'entité libanaise (...) »

Il a appelé dans ce cadre les Libanais à « remplir les places de Baabda et à se rassembler devant le palais présidentiel » le 11 octobre.

Michel Aoun

Dans son intervention, Michel Aoun a donné l'assurance à ses partisans, sous un tonnerre d'applaudissements, qu'il ne prendrait pas sa retraite. « Je resterai avec vous et j'ai promis à nos martyrs que je ne cesserai mon combat qu'avec la fin de ma vie », a-t-il martelé.

Le député du Kesrouan a défendu son ouverture sur la Syrie et le Hezbollah au nom de la défense de l'unité nationale. « Dès le départ, cet accord a fait naître beaucoup de doutes injustifiés, une certaine condescendance chez certains et une vision monopolistique de l'exercice du pouvoir (...) Mais grâce à ce document, nous avons réussi à préserver la stabilité, rassurer les Libanais et atténuer les conséquences de la guerre de juillet (2006) », a estimé le général Aoun.

Il a également dénoncé « la dénomination hypocrite de printemps arabe », phénomène qu'il a qualifié de « chaos destructeur » et « d'enfer arabe », ayant transformé « des peuples vivant dignement sur leur territoire en réfugiés auxquels l'on jette de la nourriture de derrière les barreaux ». « Ceux qui traitent les réfugiés de cette façon faisaient pression sur nous au nom de slogans humanitaires pour que nous les accueillions », a-t-il dit, déplorant les accusations de racisme dont le CPL a été la cible.

« La crise principale réside dans l'incapacité du pouvoir politique à se régénérer et dans le rejet de tous nos projets réformateurs, tels que la loi électorale », a-t-il également affirmé. « La loi actuelle ne respecte pas les critères stipulés dans le pacte national », a-t-il poursuivi. La majorité fuit l'adoption d'une nouvelle loi et demande l'élection d'un président de la République. « Le Parlement actuel ne peut élire un président, et nous accepterons seulement que la parole soit donnée au peuple libanais, source de tous les pouvoirs, pour effacer l'injustice. »

« La corruption disséminée aux quatre coins de l'État nous inquiète. La majorité, qui monopolise le pouvoir depuis 1992, a torpillé le processus de reddition de comptes et de contrôle du gouvernement. Le silence des députés a couvert la corruption et toutes les violations (...). Ceux-là rejettent la proportionnelle aujourd'hui parce qu'ils craignent la défaite de leur fausse majorité, car ils seront aussitôt contraints de rendre des comptes », a ajouté le général Aoun.

Rendant enfin hommage à « l'éveil du peuple libanais qui se manifeste à travers le mouvement de revendication » dans la rue, Michel Aoun a appelé à « un changement radical de l'approche étatique » à travers des législatives. « Que nul ne tente de nous terroriser en nous donnant le choix entre le chaos et un président fantoche. Que ce soit alors le chaos, s'ils le peuvent, mais nul ne peut le faire. Je vous promets que vous aurez un président issu de vos souffrances », a-t-il conclu à l'adresse de ses partisans.


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