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Au Liban, Michel Aoun mène sa dernière bataille

07-09-2015

Le JDD
Le Journal du Dimanche

LE LEADER DE LA SEMAINE - A 80 ans, le vieux général du camp chrétien Michel Aoun a envoyé vendredi des milliers de ses partisans dans les rues de Beyrouth réclamer une élection présidentielle au suffrage universel dont il se verrait bien le héros.

Il rugit toujours. Dix ans après son retour au Liban, Michel Aoun a démontré qu'il était encore capable de mobiliser la rue chrétienne. Le général réclame une nouvelle loi électorale qui donnerait une juste représentation aux chrétiens (note du Tayyar-intishar.org : une juste représentation nationale à travers une loi proportionnelle) et l'organisation d'un suffrage universel pour l'élection du président de la République. Le poste est vacant depuis un an et demi, car le leader chrétien et ses alliés chiites boycottent les séances parlementaires pour choisir un président qui, selon la Constitution, doit appartenir à la communauté chrétienne. Michel Aoun a toujours voulu imposer son nom car il se considère le plus populaire chez les siens.(Note du Tayyar-intishar.org : l'idée est surtout d'en finir avec les marionnettes placées à ce poste depuis la fin de la guerre civile, et de consacrer le chrétien le plus fort à ce poste, comme c'est le cas chez les autres communautés)

Promu en 1984 à la tête de l'armée libanaise, il avait été nommé Premier ministre par intérim par le président Amine Gemayel en 1988. Un an plus tard, il avait lancé une "guerre de libération" contre la Syrie, qui avait viré à la débâcle. Exfiltré à l'ambassade de France, il avait fini par passer quinze ans dans ce pays, avant de faire un retour triomphal au Liban dans la foulée du retrait de l'armée syrienne. Lors des élections législatives de 2005, il avait capté 70 % des voix chrétiennes. Quatre ans plus tard, c'était la défaite (Note du Tayyar-intishar.org : une défaite... alors que son bloc parlementaire est passé de 21 à 27 députés). Sans doute le prix à payer pour avoir signé en 2006 un "document d'entente" avec le Hezbollah et conclu une alliance avec des partis pro-syriens. (Note du Tayyar-intishar.org : les clivages anti et pro-syriens sont une une présentation désuette de la situation, et les alliances du général Aoun les dépassent... elles sont basées sur des feuilles de route bien établies)

À 80 printemps, toujours appuyé par le Parti de Dieu, il mène sa dernière bataille. Avec sa démonstration de force, vendredi, sur la place des Martyrs, le général reprend à son compte la colère de la jeunesse contre la corruption de l'élite libanaise. Michel Aoun accuse même le mouvement de contestation né de la crise des déchets de lui avoir "volé [ses] slogans". Son parti, à la tête de plusieurs portefeuilles clés ces dernières années, n'a en effet apporté aucun changement au système politique libanais. (Note du Tayyar-intishar.org : depuis 2008, le Courant patriotique libre a présenté des dizaines de réformes qui ont à tour de rôle été bloquées par la classe politique corrompue, majoritaire au parlement libanais. C'est contre cela que le général appelle à manifester ainsi que pour une juste représentation au sein du parlement. Par ailleurs, les manifestations lancées par le général Aoun à l'encontre du gouvernement ont été lancées début juillet, soit un mois avant les récentes contestations dites de la société civile.)


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