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Le Général Michel Aoun : Ce qui se passe au sein du gouvernement nécessite la force, apprêtez vous donc à descendre dans la rue !

03-07-2015

Elie Haddad - Tayyar Intishar

Le comité metniote du Courant Patriotique Libre a tenu le 3 juillet dernier son repas annuel au cours duquel le chef du CPL, le Général Michel Aoun a tenu un discours fort axé sur la coexistence de toutes les composantes de la nation. Voici l’intégralité du discours du GMA, que vous pourrez également retrouver dans plusieurs langues sur le site Tayyar-Intishar.org.

«Ce soir je suis heureux car je suis présent parmi vous à l’occasion de cet événement devenu coutumier. L’objectif de cette soirée c’est non seulement de resserrer les rangs, mais également de nous retrouver tous ensemble, car ce type d’événement a tendance à se raréfier ces jours-ci.
Vous n’êtes pas sans savoir que le Liban traverse une période difficile, car il se trouve dans une région en proie à des guerres barbares qui n’ont d’égales dans l’histoire de l’humanité, c’est comme si nous étions revenus aux temps primitifs. Or, le pire réside dans le fait que certaines personnes dans ce pays sympathisent avec la violence et la barbarie. Nous voyons tout autour de nous, l’être humain perdre sa conscience et entrer dans un état barbare. Il est étonnant également de constater que des sociétés oublient leurs traditions et leurs valeurs pour embrasser la violence, le mensonge, le vol et l’insolence.
Nous avons tout essayé pour préserver le Liban du tsunami de violence qui l’entoure, or, il est clair que nous avons échoué dans notre mission, même si nous avons cru pendant un temps avoir atteint notre objectif après une certaine détente dans la société libanaise. Néanmoins, il semblerait que nous ayant été dupés après avoir cru vivre en sécurité et en toute tranquillité. Il est clair aujourd’hui que nous sommes menacés d’extinction par ceux-là même que nous côtoyons au sein du pouvoir, ces derniers cherchant à spolier nos droits.
Nous avons fait le tour du monde, et avons supporté tout le poids, afin que voit le jour un gouvernement en qui nous avons placé de haut espoirs pour le pays. Or, il s’est avéré que celui-ci nous mène vers la destruction, notamment en ce qui concerne les Chrétiens. Je suis désolé de parler aussi crument mais je n’aurais jamais cru un jour ne mentionner que les Chrétiens, surtout dans un pays multiconfessionnel.

Nous, Chrétiens, sommes menacés d’extinction, car à n’importe quelle heure les renards de la politique libanaise risquent de mettre la main sur les droits des Chrétiens, et leurs postes au sein de l’Etat. Les périls ont débuté lorsque la chambre des députés a prorogé son mandat sous la houlette d’une majorité anticonstitutionnelle, sans même consulter l’avis du peuple. Elu en 2009, le parlement s’est réélu, ce qui constitue un crime contre la Constitution et la démocratie. Ceci est une première historique, qui ne s’est produit nulle part ailleurs. Et lorsque nous avons voulu savoir pourquoi ils n’avaient pas organisé d’élections législatives et pourquoi ils s’étaient réélus une deuxième fois, nos requêtes sont restées muettes.
Aujourd’hui, ils ne veulent même plus d’un Président de la République qui représente l’ensemble des Libanais, mais d’un Président sans représentativité et marionnette non seulement des puissances étrangères mais des intérêts personnels d’un tel ou d’un autre. En fait, ils craignent que les Chrétiens jouent leur rôle naturel. Qui plus est, ils ne veulent pas d’une nouvelle loi électorale car ils ont réparti les députés selon des circonscriptions électorales où il n’y a qu’un infime pourcentage de Chrétiens. Et même en octroyant un député Chrétiens ou deux par circonscription, ceux-ci demeureront tout de même dans un «océan» de non-Chrétiens. Pourquoi en est-on arrivé là ? Savez-vous quelle est notre faute ou notre pêché ?! Notre faute est que nous sommes les seuls à avoir vécu n paix avec toutes les communautés, tandis que les communautés musulmanes ne savent pas coexister pacifiquement. Nous sommes le seul lien de cohésion entre eux.
De plus, nous sommes répartis sur 22 régions ou circonscriptions, alors que les Sunnites le sont sur seulement 11 et les Chiites sur 12. Bref, numériquement nous sommes répartis plus que les autres communautés, ce qui ne les empêche pas d’élire l’ensemble de leurs députés, alors que nous nous perdons le tiers de nos députés. Quel en est la cause ? La cause c’est que la loi électorale actuelle est difforme et en contradiction des accords de Taëf.
Si les accords de Taëf avaient consacré la réelle représentativité dans les sièges du Parlement et dans la société libanaise, où est cette représentativité réelle au Akkar, à Tripoli, dans la Bekaa et dans la Bekaa Ouest ?! Nous voulons savoir pourquoi il y’a une telle insistance dans la spoliation de nos sièges parlementaires et dans la personne du Président chrétien qui doit représenter les Chrétiens à la tête de l’Etat ?
Pourquoi le Président de la chambre des députés représente-t-il la majorité des Chiites, et le Président du conseil des ministres représente-t-il la majorité des Sunnites, alors que le Président de la République ne représente guère la majorité des Chrétiens ? Pourquoi seul le Chrétien doit-il être privé d’une quelconque représentativité ou d’une quelconque popularité ? Alors que les prérogatives du Président de la République soient déjà faibles, ils veulent également priver le Président de l’exercice de ces pouvoirs faiblards.

En face de ce grand danger auquel nous faisons face aujourd’hui, nous sommes invités soit à nous taire, soit à la décadence, soit à émigrer comme dans les années 1970, soit à subir par l’épée le même sort que les Chrétiens du Moyen et du Proche-Orient. Ils essayent de nous déraciner en nous confisquant les postes étatiques pourvus aux Chrétiens, afin que vous nous n’ayons plus de représentant fort qui garantisse nos droits. Nous avons ainsi le choix entre plier nos bagages et partir, ou résister à ce qu’ils tentent de nous imposer.
Il va de soit que nous ne partirons pas, car le Liban est notre patrie, mais nous ne resterons pas les bras croisées. Ce qui s’est passé au conseil des ministres hier, et ce qui pourrait s’y passer jeudi prochain, à l’occasion de la prochaine séance, nécessite de notre part une action forte, car il en va de notre honneur et de notre existence en tant que Chrétiens. Comme le disait le Général De Gaulle : «Dans les moments troubles, seul l’honneur est salvateur». C’est pourquoi nous affirmons que notre honneur est plus grand que la crise. Nous sommes donc invités à descendre dans la rue, tout comme l’ensemble des Libanais le sont. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes car notre présence est en jeu.


Vous saurez la semaine prochaine quelles actions nous allons entreprendre, car nous ne pouvons continuellement les laisser violer la Constitution et les lois sans rien entreprendre en retour. Nous ne laisseront jamais aucun flatteur nous inquiéter, et agir avec nous comme des mafieux.

En effet, nous sommes aujourd’hui plus forts que le 13 octobre. Nous vivions dans ¼ du palais de Baabda et dans une moitié de Metn, et en dépit de cela seuls les avions et les chars d’assauts ont eu raison de nous. Aujourd’hui, rien ni personne ne parviendra à nous exiler du pays.
Ainsi, la semaine prochaine, la politique libanaise sera totalement chamboulée car il existe bien des manières de régler la crise en cours. Je le clame haut et fort : ceux qui ne veulent pas vivre avec nous, nous refuseront de vivre avec lui, et au contraire ceux qui nous tendent leurs mains, nous leur tendront les nôtres.
Soyez prêts mentalement pour les prochains événements. Nous ne vous demandons point de débourser votre argent, ni de propager le sang, mais une volonté populaire incarnée par une position ferme.
Vive le Liban !»


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