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Aoun annonce de Rabieh le retrait de la confiance de son bloc parlementaire à Mokbel

18-02-2015

OLJ

Se basant sur l'article 50 de la loi sur la défense, le ministre de la Défense, Samir Mokbel, a récemment prolongé le mandat de Mohammad Kheir, secrétaire général du Haut Comité de secours, qui a atteint l'âge de la retraite, ainsi que celui du général Edmond Fadel, chef du service des renseignements militaires, qui serait à la retraite en mars prochain. Techniquement, il ne s'agit pas d'une rallonge du mandat du général Kheir. Conformément à l'article 50, M. Mokbel a seulement repoussé son départ à la retraite parce que, sinon, le Conseil supérieur de la défense, qui doit compter six officiers mais qui est actuellement amputé de trois de ses membres pour cause de retraite, sera réduit à deux personnes, le commandant en chef de l'armée, Jean Kahwagi, et son chef d'état-major, Walid Salmane, à un moment où l'État est sans président et où le gouvernement est au bord de l'éclatement pour cause de divergences internes.

La décision du ministre a été cependant contestée avec virulence hier par le chef du CPL, le général Michel Aoun, au cours de la conférence de presse qu'il a tenue au terme de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire à Rabieh. Grosso modo, Michel Aoun a stigmatisé la tendance à prolonger les mandats de « presque tout le monde au sein des institutions de l'État » et surtout, selon lui, l'institution militaire où la hiérarchie est « religieusement respectée partout dans le monde ». « Aucune autorité exécutive ou législative, aucune autorité au monde ne peut porter un coup à la hiérarchie militaire pour prolonger le mandat d'une personne. Comme si, sans cette rallonge, ce serait la fin du monde », a-t-il martelé, en insistant sur le fait que les officiers à la retraite deviennent automatiquement des réservistes qui peuvent être convoqués en cas de besoin.
« Aujourd'hui, tous les officiers ont le moral à plat parce que les lois les concernant ne sont pas respectées », a-t-il ajouté avant d'énumérer les postes militaires qui sont soit vacants, soit occupés par des généraux dont le mandat a été prolongé. Selon lui, les réunions du Conseil supérieur de la défense sont « illégales » parce que cet organisme est composé de « trois membres dont le mandat est de surcroît prolongé au lieu de six, sachant que la présence de cinq de ses membres est requise pour que ses décisions soient exécutoires ». « Ses décisions mises en application par le gouvernement sont donc illégales », a estimé Michel Aoun, avant d'énumérer tous les articles de la loi sur la défense (26, 35, 52, 55, 56, 57) autorisant le gouvernement à opérer des nominations ou des promotions militaires sur proposition du ministre de la Défense, et d'insister sur le fait qu'aucun article ne prévoit de repousser l'âge de la retraite d'un officier supérieur. « Tous ces articles commandent la publication d'un décret en Conseil des ministres et non pas une décision unilatérale d'un ministre qui a seulement le droit de proposer une nomination ou une promotion. Pour cette raison, nous retirons la confiance que nous avons déjà accordée au ministre de la Défense (au Parlement) parce qu'il a outrepassé ses prérogatives et fermé les yeux sur les infractions commises au sein de l'institution militaire », a indiqué le chef du CPL en affirmant redouter que d'autres ministres ne suivent l'exemple de Samir Mokbel.

Ce retrait de confiance n'a cependant qu'une dimension politique et aucune valeur constitutionnelle.

Il convient également d'indiquer que c'est sur la base de l'article 50 de la loi sur la défense que le ministre a décidé, sur proposition du commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, de repousser le départ à la retraite du général Kheir, un article que Michel Aoun n'a pas mentionné dans sa conférence de presse.

De sources ministérielles, on apporte deux explications à la levée de boucliers du général Aoun contre le ministre de la Défense. La première est que M. Mokbel envisage de repousser également le départ à la retraite, en automne prochain, du général Kahwagi, ce qui anéantira les chances de son gendre, Chamel Roukoz, commandant de l'unité d'élite de l'armée, de lui succéder à la tête de la troupe. La seconde est que le commandant en chef de l'armée n'envisagerait pas de proposer au ministre de retarder le départ à la retraite du général Roukoz parce que, en ce faisant, il serait contraint de faire de même pour plusieurs autres officiers ayant le même grade.


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