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Presse

L’opposition revoit à la baisse ses ambitions: un gouvernement neutre et le dialogue.

13-11-2012

Ghasseb Al-Mokhtar - As-Safir

L’ancien Premier ministre Fouad Siniora, considéré comme le parrain et le cerveau du 14-Mars, s’est rendu aux Etats-Unis où il a donné une conférence à l’Université de Harvard, à Boston, sur les événements dans la région arabe. Ses milieux ont indiqué qu’il ira à Washington pour rencontrer des responsables américains conformément à des rendez-vous qui n’ont pas encore été définitivement fixés.

Au cas où M. Siniora rencontre un haut responsable américain, l’entretien n’aura aucun résultat tangible, car les membres de l’administration sont actuellement occupés avec la réélection de leur président, d’autant que l’ancien Premier ministre tentera de convaincre ses interlocuteurs du point de vue de l’opposition libanaise sur la nécessité de la démission du gouvernement Mikati. Or les Américains ne semblent pas convaincus des arguments de l’opposition et ont conseillé un changement de cabinet s’il y a consensus entre les différentes parties libanaises, sous l’égide du président de la République, autour de la table du dialogue et non pas dans la rue.

Les milieux de Siniora indiquent que l’opposition sait que la chute du gouvernement n’est pas une revendication susceptible d’être satisfaite de l’extérieur. Aussi, a-telle revu ses ambitions à la baisse et appelle désormais à la formation d’un gouvernement neutre, chargé de régler les dossiers politiques et économiques et de mettre le Liban à l’abri des conflits externes, comme le stipule la «déclaration de Baabda».

Ce cabinet aurait également pour tâche de s’occuper des questions sécuritaires et d’empêcher que le dossier des réfugiés syrien n’empire. De son côté, une source politique de la majorité affirme que l’opposition arrivera tôt ou tard devant un mur élevé qu’elle ne pourra pas dépasser pour changer les équations politiques en vigueur au Liban.

L’opposition, qui boycotte aujourd’hui le Parlement, où sont transmis tous les projets du gouvernement, sera contrainte de revenir bientôt à la table présidentielle du dialogue, qui est inévitable. La même source ajoute que la crise syrienne va encore durer longtemps et qu’en fin de compte, elle sera réglée par un compromis politique sous un parrainage régional et international.

Cela devrait pousser l’opposition libanaise à réviser ses calculs pour mettre en avant le souci de protéger la stabilité du Liban afin que d’éventuels changements régionaux n’aient pas des conséquences négatives sur le pays.

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